Les chevaux, leurs émotions et les nôtres
Comprendre le rôle du cheval dans un accompagnement guidé
Que se passe-t-il réellement lors d’une séance guidée par le cheval ?
Que vit l’être humain, intérieurement ?
Et que se passe-t-il, de son côté, pour le cheval ?
Ces questions sont essentielles pour comprendre la justesse de l’accompagnement… et éviter les confusions.
Le cheval : un être sensible, connecté à son environnement
Le cheval est un être profondément sensible.
Il utilise ses cinq sens en continu, 24h/24, de manière naturelle et fluide, sans analyse mentale.
Contrairement à l’être humain, son fonctionnement n’est pas cognitif.
Il est inné, instinctif, non acquis.
Le cheval vit en interaction constante avec son environnement.
Il perçoit, il s’ajuste, il répond à ce qui est là, dans l’instant présent.
Il ne subit pas, il est en relation.
Les émotions du cheval : expression corporelle et réalité
Le cheval exprime ce qu’il vit par son corps :
posture, déplacements, orientation des oreilles, port de tête, immobilité, fuite, hennissement…
Ces manifestations sont parfois interprétées comme le reflet direct de l’état émotionnel de l’humain.
Pourtant, ce n’est pas exact.
👉 Le cheval ne reflète pas nos émotions internes.
Le cheval ressent il ce que nous vivons ?
Oui, le cheval perçoit ce qui se passe chez l’humain.
Il peut s’en approcher, interagir, ou rester à distance, selon ce qui éveille sa curiosité à l’instant T.
Mais non, il ne « dit » pas ce que nous ressentons.
Il ne pose pas d’intention thérapeutique.
Il ne cherche pas à expliquer.
Sa présence peut toutefois faire émerger, chez l’humain, une émotion, une sensation, une prise de conscience.
C’est alors l’humain qui fait le lien, qui se reconnecte à lui-même.
Le cheval, lui, reste dans l’instant.
Il n’a pas notre capacité d’analyse ou de projection.
Le rôle du cheval dans une séance guidée
Dans un accompagnement guidé par le cheval, on ne parle pas du cheval.
Il est présent comme partenaire, comme guide potentiel, s’il choisit d’interagir.
Son rôle n’est pas de « faire », mais d’être.
Dans un monde où tout va vite, où l’on parle beaucoup mais où l’on écoute peu,
le cheval offre à l’humain une expérience rare :
-
une présence sans jugement
-
une écoute sans attente
-
un espace où les mots ne sont pas nécessaires
C’est souvent cela que l’humain vient chercher.
Le cadre : un élément clé de l’accompagnement
Il arrive que le cheval ne vienne pas à la rencontre.
Et cela est parfaitement juste.
Parfois, le simple fait d’être dans un lieu sécurisant,
accompagné par un professionnel garantissant un cadre de confiance, de sérénité et de sécurité,
suffit à vivre ce qui est nécessaire à cet instant.
L’accompagnement ne repose pas sur le comportement du cheval,
mais sur l’espace relationnel et émotionnel proposé.
Éviter l’anthropomorphisme : une posture professionnelle
Un cheval ne peut pas être triste pour vous.
S’il est triste, c’est son histoire.
Vous, en séance, vous venez vivre la vôtre.
Le cheval ressent des émotions, bien sûr, et en grande diversité.
Mais il est essentiel de ne pas lui attribuer ce qui appartient à l’humain,
ni de projeter sur lui nos interprétations, nos croyances ou nos attentes.
La frontière est fine.
Et l’être humain, par facilité ou méconnaissance, interprète souvent ce qu’il observe,
selon sa propre histoire, sa propre vérité, parfois embellie, consciemment ou non.
C’est là que la posture professionnelle prend tout son sens :
clarifier, accompagner, sécuriser, sans projeter.
Conclusion : le cheval comme présence, pas comme miroir
Le cheval n’explique pas.
Il ne juge pas.
Il ne soigne pas.
Il est là.
Et parfois, cela suffit à permettre à l’humain de s’écouter enfin.
Ajouter un commentaire
Commentaires